Nous développons une approche de l’apiculture qui prend en compte l’environnement végétal des ruches et la richesse de l’écosystème dans son ensemble.
NOTRE DEMARCHE
Un jardin pensé comme un écosystème
Notre jardin de 2,5 hectares, créé en 2022 dans le Sud Morbihan, évolue progressivement autour d’une idée simple : offrir aux abeilles et à l’ensemble de la biodiversité un environnement riche, diversifié et vivant.
L’api-foresterie s’inscrit naturellement dans cette démarche. En associant arbres, arbustes, plantes mellifères et espaces refuges, nous cherchons à diversifier les ressources disponibles pour les pollinisateurs tout au long de l’année.

Notre projet d’api-foresterie
Le jardin est un projet vivant. Les plantations d’aujourd’hui sont pensées avec le temps long : les arbres grandissent, les strates végétales se mettent en place et les relations entre les espèces évoluent.
La création du jardin
Le projet du Jardin des 2 rivières commence. Les premières réflexions portent sur l’organisation des espaces et la place de la biodiversité.
Introduction des ruches
Le rucher est créé au cœur du jardin, donnant une nouvelle dimension au projet et à notre démarche autour des abeilles et de leur environnement.
Un jardin déjà riche en végétation
Nous avons planté 850 arbres et arbustes ainsi que 2 000 plantes vivaces. Plus d’un tiers de ces végétaux ont été choisis spécifiquement dans le cadre de notre plan d’api-foresterie, afin de renforcer les ressources disponibles pour les pollinisateurs et la biodiversité.
Adapter le jardin aux évolutions du climat
De nouveaux secteurs vont être aménagés, notamment un espace consacré aux plantes de garrigue, afin d’aider les pollinisateurs à trouver des ressources et des refuges lors des périodes de canicule et de sécheresse, de plus en plus fréquentes.
SUR LE TERRAIN
Comment pratiquons-nous l'api-foresterie au jardin?

Une diversité d'essences pour un équilibre nutritionnel
Nous sélectionnons rigoureusement les végétaux afin d'assurer un accès continu aux ressources florales pour les abeilles et l'ensemble des pollinisateurs, tout en garantissant la présence d'une diversité significative d'espèces et de cultivars au sein du jardin.
Offrir cette diversité nutritionnelle permet de :
- Renforcer le système immunitaire : Une alimentation variée aide les colonies d'abeilles et les insectes sauvages à mieux résister aux pathologies et au stress environnemental.
- Garantir des ressources toute l'année : Des premières floraisons d'arbres à la sortie de l'hiver jusqu'aux vivaces d'automne, le jardin répond aux besoins biologiques des pollinisateurs sans interruption.

Strates végétales et tonte différenciée
Nous combinons la strate arborée (grands arbres), la strate arbustive (haies) et la strate herbacée (vivaces et annuelles). De grandes zones du jardin sont gérées en tonte différenciée pour laisser s'épanouir la flore spontanée.
La tonte différenciée consiste à adapter la hauteur et la fréquence de coupe selon les zones du jardin : garder des espaces tondus pour le passage et laisser d'autres zones en herbe haute.
Les avantages sont multiples :
- Préservation des espèces spontanées : Laisser pousser l'herbe permet aux plantes locales (trèfle, pissenlit, marguerite,...) de fleurir naturellement sans investissement supplémentaire.
- Résistance à la sécheresse : Les hautes herbes protègent le sol des rayons du soleil. La terre conserve son humidité plus longtemps, ce qui évite le jaunissement du terrain sans arrosage.
- Protection des sols : Des racines plus profondes se développent sous l'herbe haute, ce qui aère le sol, favorise l'infiltration des eaux de pluie et limite l'érosion.
- Gain de temps et d'énergie : Réduire la surface tondue diminue la consommation de carburant ou d'électricité, tout en libérant du temps d'entretien.

Les prairies fleuries
Disséminées un peu partout dans le jardin nous semons des bandes de prairies fleuries.
Elles regroupent une grande variété d'espèces végétales aux périodes de floraison décalées. Cela garantit un accès constant au nectar (source d'énergie) et au pollen (source de protéines), indispensable de la sortie de l'hiver jusqu'à l'automne.
En accueillant une grande diversité d'insectes, la prairie fleurie alimente directement la chaîne alimentaire supérieure, notamment les oiseaux insectivores, les chauves-souris, les petits mammifères et les amphibiens.

Une attention portée à la gestion de l'eau
La gestion de l’eau est pensée à l’échelle du jardin afin de préserver sa résilience et de maintenir des milieux favorables à la biodiversité.
On associe souvent l'alimentation des abeilles et des pollinisateurs au nectar (sucre) et au pollen (protéines), mais ils ont aussi un besoin crucial d'eau toute l'année :
- La thermorégulation de la ruche : En période de canicule, les abeilles récolteuses rapportent de l'eau à la ruche pour la faire évaporer en la ventilant, abaissant ainsi la température intérieure.
- La dilution du miel : L'eau sert à diluer le miel cristallisé pour nourrir le couvain (les larves) au début du printemps.
- L'abreuvement sans risque : Les abeilles ne savent pas nager et se noient facilement. Les plantes aquatiques (comme les nénuphars ou les iris d'eau) et les berges douces avec du bois mort ou de la végétation offrent des plateformes d'atterrissage sécurisées pour s'abreuver.

Adaptation au changement climatique
Face à la multiplication des vagues de chaleur et des sécheresses, le jardin évolue pour éviter les « trous de miellée » estivaux. Nous intégrons progressivement des espèces méditerranéennes et des plantes de garrigue (aromatiques, lavandes, salvias, vitex,...) particulièrement bien adaptées au manque d'eau.
- Relais de floraison en été : Lorsque la végétation locale se met en repos à cause de la chaleur, ces plantes résistantes prennent le relais et continuent d'offrir du nectar aux pollinisateurs.
- Pérennité du jardin : Diversifier le palette végétale avec des essences frugales garantit un écosystème vivant et résilient, même lors des étés les plus secs.
